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Les supplices chinois


Dans nos esprits occidentaux, la locution « supplices chinois » est figée et a une signification bien particulière. Les deux éléments sont en effet inséparables et renvoient à des tourments physiques ou moraux particulièrement cruels et raffinés. L’adjectif chinois, s’il a perdu son sens propre, est issu du stéréotype, encore présent, qui amalgame la Chine avec des idées de cruauté et de raffinement.


L’origine de ce stéréotype est antérieure au XIXe siècle et sa diffusion s’est faite par des récits de voyages souvent très exagérés et dépourvus d’observations directes ou de sources sures et vérifiées. Une subjectivité croissante des auteurs, ainsi qu’une volonté de dramatiser les récits, ont contribué à dépeindre un monde de la justice chinoise inhumain et marqué par l’excès. Cette manière de voir les choses va se développer encore plus à partir des années 1840 et va trouver son apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. En 1904 et 1905, trois démembrements (lingchi) sont photographiés par des soldats français. Leurs clichés vont se diffuser dans des livres et sur cartes postales et connaître un grand succès en Europe. Le fait qu’en 1905, la Chine ait aboli les peines cruelles et particulièrement le démembrement, qui est la peine typique du système pénal chinois dans la perception occidentale, n’empêche pas les images de se répandre avec l’idée que la torture et la cruauté fait partie de l’essence de la civilisation chinoise.





Le lingchi

Le lingchi est une pratique qui est apparue au début du Xe siècle, sous les Liao (907-1125). Cette peine sera appliquée de plus en plus à partir du XIe siècle, servant de mesure de répression contre des révoltes sanglantes. Le démembrement sera inscrit dans le code pénal pour des crimes graves sous la dynastie de Yuan (1271-1368). Jusqu’à son abolition par les Qing en 1905, il servait à punir trois sortes de forfaits : les crimes de lèse-majesté (haute trahison, complot contre l’Empereur, rébellion) ; les crimes familiaux (en Chine, l’autorité de l’Empereur est assimilé à celle du père de famille) ; les crimes atroces et inhumains (organisation de bandits pour faire régner la terreur, découpage des parties du corps d’une personne vivante).


Le terme lingchi ne s’applique pas à tous les démembrements, mais uniquement à ceux qui ont été légalement prononcés par un tribunal. Il est difficile de savoir exactement comment il était codifié et pratiqué avant les Qing.
Appelé aussi « peines des huit couteaux », cette peine consistait à séparer en public les membres du corps d’une personne vivante attachée à un poteau. Le bourreau utilisait huit couteaux qu’il sortait d’un panier. Avec le premier, il évidait les seins. Le deuxième lui servait à entailler les biceps alors que le troisième appliquait le même traitement aux cuisses. Les quatrième et cinquième couteaux étaient employés pour couper les bras au niveau du coude et les sixième et septième à trancher les jambes au niveau du genou. Le huitième couteau servait à trancher la tête ou porter un coup au cœur. Pour ceux qui pouvaient se le permettre, il était possible de s’arranger financièrement avec le bourreau pour que le coup de grâce survienne plus tôt. Les restes étaient jetés dans un panier et la tête pouvait être exposée en place publique.

Ce châtiment qui a horrifié les Européens n’avait pourtant rien à envier à certaine pratiques occidentales. Jusqu’en 1789, les crimes de lèse-majesté étaient punis en France par l’écartèlement entre quatre chevaux alors que les chefs de bandits se voyaient attaché sur une roue alors que leurs membres étaient brisés avec une barre en fer. En Angleterre, les condamnés étaient coupés en quatre (quartering). Les corps démembrés étaient aussi exposés en place public. Il fallut donc un siècle de plus à la Chine pour abolir ces peines cruelles bien que les lettrés y aient œuvré dès leurs origines.




Sources

- BOURGON Jérome, Lingchi. Brève histoire d'un trop fameux supplice chinois, http://turandot.ish-lyon.cnrs.fr/index.php, 2004, visité le 23.03.07.

- DETRIE Muriel, Le thème des « supplices chinois » dans les récits de voyage : document ou fiction ?, http://turandot.ish-lyon.cnrs.fr/index.php, 2006, visité le 23.03.07.

- Slow slicing, Wikipedia, visité le 23.03.07.


Images

- http://hermes.hrc.ntu.edu.tw
- http://turandot.ish-lyon.cnrs.fr
- www.desordre.net





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